Au fil du temps, j’ai développé plusieurs stratégies pour transmettre des connaissances, pour faire en sorte qu’on sache s’en servir, pour inspirer des valeurs et tout simplement, pour provoquer des apprentissages. Quand, j’ai accepté une charge de cours à l’université à l’automne 2010… je voulais valider cette compétence avec des étudiants de ce niveau. Au bout du compte, je crois avoir assez bien relevé le défi

Le mot lui-même ne fait pas l’unanimité. Dans l’antiquité, «le pédagogue était un esclave qui accompagnait l’enfant à l’école». L’idée de davantage accompagner ou guider que de diriger ne m’incommode pas; ce sont sans doute mes convictions sur le leadership de service qui explique mon préjugé pour l’apprentissage par rapport à l’enseignement. En France, dans certains milieux, la simple évocation d’un penchant pour les approches nous expose au pédagogisme.

Pourtant, je me me considère un bon prof qui aime enseigner! Je suis sensible aux différences dans la façon dont chacun apprend et je considère que mon principal défi d’éducateur est de faire naître l’enthousiasme. J’entretiens de plus en plus de méfiance envers la compétition; de fait, je préfère parler maintenant de coopétition!

Tout ceci pour dire qu’à mon contact, il sera obligatoirement question d’apprendre.

J’apprends des gens que je côtoie et j’ai la prétention de penser que je contribue à faire apprendre. Je sais que ça vient de loin cette propension à toujours vouloir en savoir davantage. La curiosité est un ingrédient qui y est pour quelque chose et l’envie d’être apprécié des gens de passage dans ma vie compte aussi pour beaucoup dans le fait de mordre dans la vie. J’apprends dans les contrastes, avec la différence, en imitant, en adaptant, en m’adaptant et en regardant les choses sous différents angles. Au moment de poursuivre l’écriture de ce billet, j’ai en mémoire ces paroles de Boris Cyrulnik, «Le paradoxe de la condition humaine, c’est qu’on ne peut devenir soi-même que sous l’influence des autres»; je me dis que je ne serais pas devenu si ardent à vouloir faire apprendre si je n’avais pas côtoyé autant de gens réceptifs et ouverts à s’adapter.

Parmi les gens qui ont semé en moi cette soif de vouloir comprendre, il y a un oncle, Fernand, un grand-père, une mère qui m’a laissé beaucoup d’espace et de nombreux éducateurs que continuent de m’inspirer au quotidien. Jeannine Guindon est probablement celle qui m’a le plus marqué et qui représente le type de pédagogue que je tends à devenir.

Je ne cesse de rafinner l’art de poser les bonnes questions et je peaufine les stratégies qui me permettent d’être du même côté que ceux avec qui je cherche les bonnes réponses. La connaissance m’intéresse autant sinon plus qu’avant, mais je suis conscient qu’on n’enfonce pas le vrai, à coup de certitudes…

On cherche parfois à résumer certaines de mes convictions pédagogiques. Cet entretien présenté sous la forme d’une baladodiffusion s’avère un bon moyen de trouver comment saisir l’essentiel de ce que je privilégie…