Du moment où j’ai agi en tant que président de mon association étudiante à l’Université jusqu’à chez Opossum et maintenant chez Loran, je me suis plu dans les chemins les moins fréquentés. Ma vie professionnelle a beaucoup tourné autour des mêmes thèmes depuis 1983: tolérance, efforts, humanisme, dialogue, collaboration et communauté d’apprentissage.

La persévérance de mon action éducative, ma détermination à améliorer l’école et mon attitude volontaire et responsable m’ont toujours valu de me retrouver avec beaucoup de travail à accomplir, mais avec beaucoup de ressources pour y parvenir… Les abondantes discussions sur mon blogue en lien avec les changement à entreprendre en éducation prouvent que je peux faire preuve de beaucoup de persévérance dans l’affirmation de mes convictions. Il faut dire que j’ai pu mettre à l’épreuve très rapidement mes capacités à «debattre»…

Au département d’éducation physique de l’Université Laval, on était favorable à la séparation d’avec la Faculté d’éducation. Nous les étudiants, étions contre et mon rôle de porte parole m’a mené au centre des turbulences. Autant avec le syndicat au Collège du Mont-Ste-Anne qu’avec la Commission scolaire à Coaticook ou face aux détracteurs du privé au moment des États Généraux sur l’éducation, j’ai su faire preuve d’écoute et de fermeté dans les positions que je défendais. Ce fut bien curieux d’ailleurs de retrouver M. Robert Bisaillon au début de l’expérience des écoles ciblées; à ce moment de l’implantation des changements occasionnés par la réforme, j’étais très critique et nous devions encore apprendre à échanger des points de vue divergents. Quelques années plus tard, je crois que ça lui a fait drôle de constater que je faisais partie des gens sur qui on pouvait compter pour s’assurer que les bases sur lesquelles reposent le programme de formation de l’école québécoise ne soient pas galvaudées…

J’ai trouvé valorisation et grandeur d’âme dans mon travail jusqu’à maintenant. On dit de moi que j’ai la vocation d’éducateur… Pourtant, je dis souvent que bien peu de choses me prédisposaient à développer une expertise dans l’intégration des technologies aux apprentissages et en communication. Encore ici, je dois souvent faire ma place sans enlever rien à personne. L’adversité est encore une forme de guide puisque les arguments de ceux qui ne pensent pas comme moi m’indiquent les endroits où je dois chercher des réponses.

Cela me fait penser aux premiers moments de la fusion entre l’Institut St-Joseph (le pavillon St-Vallier) et l’École St-Joseph (le pavillon St-Louis). Je suis arrivé à l’Institut le jour un de la fusion et j’avais été informé des grandes résistances de plusieurs parents du bâtiment du Chemin Ste-Foy. Dans le comité que j’ai formé pour proposer des pistes de développement pour l’école, je me souviens d’avoir proposé au Conseil d’administration de permettre à des parents opposés à la fusion d’en faire partie. Je me disais qu’il me fallait des gens de toutes «les allégeances» si je voulais construire. J’avais beaucoup apprécié l’appui des membres du C.A. sur cette question et ma tenacité à «vendre cette idée» m’avait bien servi dans les sept années qui ont suivies. Au moment d’arriver avec un projet du type de celui des cyberportfolios et des ordinateurs portables, j’imagine que cette capacité de franchir les obstacles a pu donner confiance à chacun, des sceptiques aux optimistes.

La tenacité rime-t-elle avec l’obstination? Non, sauf dans le combat avec soi-même sur les investissements à faire en heures de travail. Il faut y mettre du volume pour arriver à quelque chose au moment où ça compte. Gérer son budget d’énergie ne veut pas dire toujours tenir «la pédale dans le plancher», mais quand vient le temps de passer (d’effectuer un dépassement, je veux dire), les freins seront toujours de mauvais alliés que je me dis!

Obstiné donc? Je dirais plutôt «constant». Comme directeur d’école, j’aimais bien les codes de vie où il y a peu de règles, mais où on tient beaucoup à celles qui y figurent…